LA RONDE

Arthur Schnitzler note, le 24 février 1897, dans son journal : « terminé La Ronde d’Amour » (Liebesreigen). Puis, quelques jours plus tard, dans sa correspondance : « de tout l’hiver, je n’ai écrit qu’une suite de scènes parfaitement impubliables et sans grande portée littéraire, mais qui, si on l’exhume dans quelques centaines d’années, jettera sans doute un jour singulier sur certains aspects de notre civilisation »

 

Loin de nous mettre en garde contre l’aventure du désir, les personnages de La Ronde se risquent à dire oui à la vie. Près du volcan de la première guerre mondiale, ils badinent avec la mort et plaisantent avec l’amour. Dans la frivolité, le jeu, l’ivresse, leur engagement sans réserve vers l’autre et son corps tout entier s’amuse de notre morose frivolité…

Sont ajoutés ça et là aux descriptions de Schnitzler quelques extraits de “L'homme sans qualités" de Robert Musil traduit par Philippe Jaccottet

     Né à Vienne (Autriche) le 15 mai 1862, Arthur Schnitzler suit très tôt les traces de son père, Johann Schnitzler, laryngologue, professeur à l’université, directeur de la polyclinique générale de Vienne (1880-1893) et fondateur de la revue médicale Internationale Klinischer Prundschau. Sa mère, Louise, née Markbreiter, est elle-même fille de médecin. Tous deux sont d’origine juive. En 1879, il commence ses études en médecine et, en 1885, est promu Docteur. Assistant à l’hôpital général de Vienne, il suit des stages en psychiatrie, dermatologie et maladies vénériennes (1885-1888).


     Dès 1888, il travaille au cycle d’Anatole. En 1889 : Publication dans la revue de son père : Sur l’aphonie fonctionnelle et son traitement par l’hypnose et la suggestion. Puis, en 1895 : Première de Amourette au Burgtheater de Vienne. La même année, Libelei lui assure une solide notoriété en Autriche et en Allemagne. Il abandonne alors son poste à l'hôpital général de Vienne, mais garde quelques patients. En 1901, à la suite de la publication du Lieutenant Gustl, Schnitzler est traduit devant un tribunal militaire et dégradé de son rang d’officier. Publications : Berthe Garlan (nouvelle), Heures vives, La Nuit de la Saint-Sylvestre (pièces) puis l’année suivante : L’Etrangère, La Dernière lettre d’Andréas Thameyer, La Danseuse grecque, Excentricité (nouvelles).

 

     En 1903, La Ronde est éditée à Vienne à 40 000 exemplaires (jusqu’en 1931, 104 000 exemplaires). Sa publication sera interdite en Allemagne en 1904. Le 15 mai 1912, pour fêter son 50e anniversaire, 26 représentations de ses pièces sont données dans différents théâtres de langue allemande. La même année verra la première de la version hongroise de La Ronde à Budapest, malgré l’interdiction de la censure (1912). La première du Professeur Bernhardi, prévue au Deutsches Volktheater à Vienne, est interdite par la censure. Mais la première du Professeur Bernhardi au Petit Théâtre à Berlin aura bien lieu le 28 novembre 1912. L’année suivante, publication de Madame Beate et son fils (nouvelles).

     En 1914, Schnitzler revient précipitamment à Vienne à la déclaration de la guerre. Et en 1918, première du Professeur Bernhardi à Vienne au Volkstheater (la censure a été supprimée avec la monarchie). C’est en 1922 qu’il rencontre pour la première fois Sigmund Freud, après la lettre que celui-ci lui adresse pour son 60e anniversaire. S’ensuivent la première du film muet Gibier autorisé à Berlin, puis celle du film muet Mademoiselle Else avec Elisabeth Berner, la première de Au gré du vent d’été à Vienne, celle de La Noyade au Burgtheater à Vienne également, la première du film Daybreak (les Dernières cartes) aux USA et la publication de La Fuite dans les ténèbres (nouvelle), commencée avant la guerre et d’un recueil de nouvelles sous le titre Rêve et destin. Arthur Schnitlzer meurt le 21 octobre 1931 d’une hémorragie cérébrale. Il est enterré au Cimetière Central.

MENTIONS LÉGALES

© 2019 MARION BIERRY

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